20 mars 2025
La tuberculose (TBC) est une maladie causée par des bactéries et affectant principalement les poumons. Bien que le nombre de cas de tuberculose diminue en Belgique, elle reste un problème majeur à Bruxelles. Le Samusocial en particulier – un dispositif offrant une aide sociale d’urgence, notamment aux personnes sans-abri et aux demandeurs d’asile – est encore régulièrement confronté à la tuberculose.
La tuberculose est une maladie causée par une bactérie appelée Mycobacterium tuberculosis. Cette bactérie se propage dans l’air lorsqu’une personne contagieuse tousse, éternue ou parle. Les principaux symptômes sont une toux persistante, parfois accompagnée de sang, de la fièvre, des sueurs nocturnes, une perte de poids et de la fatigue.
La tuberculose peut être mortelle si elle n’est pas traitée. Généralement, un patient atteint de tuberculose active n’est plus contagieux après deux semaines de traitement adéquat. La tuberculose latente (qui constitue le premier stade de la maladie) n’est jamais contagieuse, mais nécessite également un traitement approprié.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié en 2023 un nouveau rapport sur la tuberculose. Il en ressort qu’au niveau mondial, environ 8,2 millions de personnes ont été nouvellement diagnostiquées positives à la tuberculose en 2023. Il s’agit du chiffre le plus élevé depuis le début de la surveillance mondiale de la tuberculose par l’OMS en 1995.
En Belgique, le nombre de cas de tuberculose est en diminution depuis des années. En 2022, on dénombrait 852 cas, ce qui équivaut à 7,4 cas pour 100 000 personnes. La Belgique est donc un pays à faible incidence de tuberculose. Toutefois, des variations subsistent, surtout chez les sans-abris, les toxicomanes et les personnes d’origine étrangère, en particulier les demandeurs d’asile. C’est un problème que le Samusocial de Bruxelles, dispositif urbain d’urgence sociale, rencontre encore quotidiennement.
À Bruxelles, la situation est donc différente. Avec ses 272 cas de tuberculose en 2022, ce chiffre représente quasiment le triple de la moyenne nationale. Cela s’explique par le fait que Bruxelles abrite de nombreuses personnes à haut risque, comme les sans-abris, les migrants et les demandeurs d’asile. En fait, 70 % des cas de tuberculose dénombrés à Bruxelles concernent des personnes de nationalité étrangère.
Le Dr Jean-Claude Landana, conseiller en prévention au Samusocial, explique : « Il faut tenir compte de la densité de population à Bruxelles, de la densité des hôpitaux et du nombre important de migrants et de demandeurs d’asile. En outre, de nombreuses organisations, comme la Croix-Rouge et Médecins sans frontières, s’occupent de groupes de population vulnérables et de centres d’accueil. »
Le Samusocial est une organisation basée à Bruxelles qui se consacre à l’aide aux personnes les plus vulnérables, telles que les sans-abris et les demandeurs d’asile. Cette organisation offre une aide d’urgence, un accueil temporaire et des soins médicaux à des personnes qui vivent souvent dans des conditions très précaires. Le Dr Landana explique : « Notre but est non seulement de fournir à ces personnes les besoins de base tel qu’un logement et de la nourriture, mais aussi de les aider à trouver une solution pérenne à leur situation. »
La journée type d’un collaborateur du Samusocial qui voit des patients atteints de tuberculose consiste en un suivi rigoureux des patients qui sont en traitement et qui ne sont pas contagieux. « Les patients doivent aller chercher et prendre leurs médicaments tous les jours au poste de soins infirmiers. », explique le Dr Landana. « Le non-respect du traitement n’est pas toléré et entraîne l’arrêt de la prise en charge, avec notification au FARES (le Fonds des affections respiratoires) ou au VRGT (l’association flamande) et, le cas échéant, au service d’hygiène. »
Un métier à risque
Travailler avec des populations vulnérables entraîne des risques spécifiques pour la santé, surtout quand on est confronté à des maladies contagieuses comme la tuberculose. « Le principal risque est que nos collaborateurs soient eux aussi infectés », prévient le Dr Landana. « C’est pourquoi, lorsqu’un cas est détecté, une stratégie de prévention est mise en place par le service externe (Cohezio) et des mesures sont prises rapidement. »
Le Dr Kentin Kasongo, conseiller en prévention externe de Cohezio au Samusocial ajoute ceci : « Lors de la mise en place d’une telle stratégie de prévention, il est important de tenir compte des limites auxquelles on se heurte. Il y a par exemple un manque de chambres individuelles, ce qui oblige les patients à dormir dans la même pièce que des personnes non contaminées. Cela rend donc possible la transmission de la tuberculose parmi les personnes occupant la même chambre. Le dépistage des personnes symptomatiques n’est pas systématique, surtout dans les centres où les équipes médicales sont limitées ou inexistantes. Nous devons veiller à ce que les gens suivent assidûment leur traitement et aient accès aux soins nécessaires. Généralement, un patient atteint de tuberculose active n’est plus contagieux au bout de deux semaines de traitement adéquat. »
Formation et solution
Afin de garantir au mieux la sécurité du personnel, le Samusocial prend différentes mesures de précaution et de protection. « Le personnel est régulièrement formé aux bonnes pratiques d’hygiène, à la maîtrise des infections et à l’utilisation des équipements de protection individuelle (EPI) », explique le Dr Kasongo. « Cela comprend des formations spécifiques sur la gestion de la tuberculose et d’autres maladies transmissibles. »
« Malgré une formation adéquate, leur travail comporte également des risques psychosociaux », poursuit le Dr Kasongo. « Le stress, l’anxiété et la surcharge mentale liés au travail avec des personnes vulnérables peuvent également avoir un impact. Travailler dans ces conditions et avec ce groupe cible peut être mentalement éprouvant », reconnaît-il. « C’est pourquoi il est important d’offrir au personnel un soutien adéquat, mais il faut également rechercher une solution structurelle », conclut le Dr Kasongo.
Pour lutter efficacement contre la tuberculose à Bruxelles, plusieurs mesures sont nécessaires :
Le Dr Landana souligne ceci : « Il est crucial de créer un réseau favorisant une plus grande collaboration entre les hôpitaux, les services de santé et les autres organisations. Seule une collaboration adéquate nous permettra d’enrayer efficacement la propagation de la tuberculose et d’améliorer les soins aux patients. »
Même si la tuberculose est en recul en Belgique, elle constitue toujours un problème majeur à Bruxelles, surtout pour les groupes vulnérables comme les sans-abris et les demandeurs d’asile. Une approche coordonnée alliant dépistage, accès aux soins, sensibilisation et soutien aux organisations de terrain est indispensable pour lutter efficacement contre cette maladie et protéger à la fois les groupes à risque et les travailleurs sociaux. En attendant, les appels à trouver une solution se font de plus en plus pressants.